
Arrivée au CHU Sainte-Justine en 1994, Annie Lacroix a toujours été animée par le désir de faire évoluer les soins. À une époque où le rôle d’infirmière ou d’infirmier praticien spécialisé (IPS) n’existait pas encore au Québec, elle a choisi de s’engager dans une voie nouvelle, motivée par la volonté d’améliorer la pratique clinique. Son implication dans le projet pilote en néonatologie en1996, en collaboration avec la direction des soins infirmiers (DSI), l’Université de Montréal et des néonatologistes visionnaires, a marqué le début d’une transformation majeure dans les soins infirmiers. Elle a été parmi les premières à suivre une formation de deuxième cycle, combinant sciences infirmières et médicales, bien avant que la certification officielle des IPS ne voie le jour avec la première certification de l’OIIQ en 2006.
Ce qui distingue Annie Lacroix, c’est sa capacité naturelle à créer des ponts. Dans un environnement aussi complexe que celui des soins spécialisés, les IPS favorisent la continuité des soins et créer un lien entre les familles et les équipes médicales, mais aussi entre le personnel infirmier et les médecins.
En tant que gestionnaire, elle met à profit son écoute, sa sensibilité et sa connaissance fine des dynamiques cliniques, elle facilite les échanges et favorise une compréhension mutuelle afin d’accompagner les IPS dans leur intégration au sein des équipes de soins, en les aidant à trouver leur place, à affirmer leur rôle et à bâtir des relations de confiance.
Lorsqu'elle était auprès de la clientèle, elle savait reconnaître les besoins des parents, souvent bouleversés par l’hospitalisation de leur enfant. Elle garde d’ailleurs un bon souvenir de la relation de confiance qu’elle établissait avec les parents des bébés prématurés, soulignant l’importance d’une présence stable dans des moments de grande vulnérabilité. « Ce qui me manque le plus, c’est le contact humain avec les familles, leur offrir une écoute, les outiller, les accompagner. » Aujourd’hui, c’est à travers le soutien qu’elle offre à son équipe qu’elle retrouve le bonheur d’établir cette relation de confiance.
Son rôle a évolué au fil des années : IPS, cadre-conseil, chef d’unité, chargée de cours, puis gestionnaire à la direction des soins infirmiers. Elle accompagne les stagiaires IPS et soutient l’arrivée des IPS en soins pédiatriques, en néonatologie et en santé mentale, a collaboré à la mise sur pied un programme de mentorat IPS, et a contribué à l’élaboration de l’examen professionnel et l’examen de spécialité IPS de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Toujours avec le même objectif : faire rayonner la profession et soutenir les nouvelles recrues dans leur transition.
Annie croit profondément en la valeur ajoutée des IPS dans le réseau de la santé. Elle souhaite leur reconnaissance, convaincue qu’elles et ils ont un rôle clé à jouer dans l’accessibilité et la qualité des soins. « Être IPS, c’est conjuguer la vision holistique de l’infirmière avec les sciences médicales. C’est offrir une continuité, une expertise, et surtout, une humanité. »
Aujourd’hui gestionnaire, elle continue de porter cette vision, en soutenant les IPS dans leur développement. Son aptitude à relier les gens, à faire circuler l’information et à humaniser les soins font d’elle une figure rassembleuse, respectée et profondément engagée envers la qualité des soins et le bien-être des patientes et des patients.
Photo © CHU Sainte-Justine (Véronique Lavoie)
Regard sur les débuts de la profession en 2006...
