
À seulement 16 ans, Mélissa Poulin-Cadovius entamait sa formation en soins infirmiers, portée par son amour de la biologie et son désir profond de prendre soin des autres. Vingt ans plus tard, elle est chef de salle en chirurgie plastique au CHU Sainte-Justine, et toujours aussi passionnée par son métier : « Après tout ce temps, je suis toujours autant en amour avec mon travail. »
Le parcours de Mélissa est marqué par une curiosité insatiable. Avant de trouver sa vocation au bloc opératoire, elle a exploré une grande diversité de milieux : hémodialyse, CLSC, CHSLD, soins intensifs, grands brûlés… En tant que membre de l’équipe volante, elle a multiplié les expériences, toujours animée par le désir d’apprendre. « Dès que j’ai commencé au bloc opératoire, j’ai su que je voulais finir ma carrière ici », confie-t-elle. « C’est un défi, oui. Il faut aimer travailler en équipe, être alerte, curieux, manuel, mais on apprend sans cesse et on grandit avec les autres. »
En tant que chef de salle en chirurgie plastique, Mélissa est responsable de l’organisation quotidienne des chirurgies liées à sa spécialité. Elle forme la relève, crée des ponts entre les membres des équipes interdisciplinaires, et s’assure que tout fonctionne comme une mécanique bien huilée. Elle veille à la disponibilité du matériel, à sa stérilisation, à sa disposition dans les salles.
Travailler au bloc, c’est entrer dans un univers bien différent des autres milieux de soins. Les patientes et les patients y sont généralement endormis, et chirurgiennes, chirurgiens, anesthésistes, personnel préposé aux bénéficiaires, inhalothérapeutes et personnel infirmier y travaillent en étroite collaboration. La hiérarchie s’efface au profit d’une collaboration étroite, dans un environnement où le travail manuel est omniprésent : bistouris, foreuses, instruments spécialisés. Mélissa compare souvent cette dynamique à celle d’une équipe sportive : « Il faut communiquer énormément pour assurer le bon fonctionnement. »
Cette proximité crée des liens forts, une confiance mutuelle et une ambiance unique. Les rires, les moments de légèreté, mais aussi les épisodes plus difficiles, soudent les équipes. Le rire devient un outil précieux pour relâcher la pression, adoucir les tensions et traverser les hauts et les bas du quotidien.
Même si le contact avec les patientes et les patients est bref, il est essentiel. Mélissa veille à instaurer rapidement un climat de confiance. Et derrière chaque intervention, il y a une transformation. « La majorité des patients viennent nous voir, puis repartent avec une qualité de vie améliorée. » Elle pense notamment aux enfants opérés pour une fente palatine, qui quittent le bloc avec un nouveau sourire. « On le voit dans l’immédiat, et on est très contents de notre travail. »
À travers son regard, on découvre un métier exigeant, mais profondément humain. Et une femme qui incarne, avec douceur et détermination, toute la richesse des soins périopératoires.
Photo © CHU Sainte-Justine (Véronique Lavoie)