Le CHU Sainte-Justine et le Centre de réadaptation Marie-Enfant souhaitent reconnaitre l’engagement exceptionnel de pionnières et de pionniers qui ont marqué l’histoire de l’institution. De nombreuses personnes ont ainsi été identifiées par leur travail et leurs réalisations exceptionnelles. La rédaction de ces biographies est signée par le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre et romancier passionné par l’histoire de l’institution, et basée sur ces différentes sources et collaborations.
Dr Séraphin Boucher (1865-1946) naît en décembre 1865 à Sault-au-Récollet, dans le nord de Montréal. Talentueux, il poursuit ses études classiques au Collège de Montréal et obtient son titre de docteur en médecine de l’école de médecine Victoria en 1889. Professeur agrégé de bactériologie et d’histologie à l’Université Laval de Montréal, il est l’un des organisateurs de la première consultation de nourrissons à Montréal en 1901, avec le Dr Séverin Lachapelle. Il poursuit ses études médicales en France en 1906. À son retour, il est nommé professeur titulaire d’histologie à l’Université Laval de Montréal. En 1908, il est du premier bureau médical de l’Hôpital Sainte-Justine dont il sera directeur sur une courte période, avant de se retrouver directeur du Service de la santé de la ville. À ce titre, il donnera ponctuellement de sérieux coups de main aux administratrices de Sainte-Justine, notamment lors de l’épidémie meurtrière de fièvre typhoïde de 1909-1910. Le Dr Boucher rayonne aussi, et beaucoup, dans l’entre-deux-guerres : il est délégué au Congrès international d’hygiène publique à Bruxelles en 1920, délégué par la Rockefeller Foundation en 1926 pour étudier l’organisation sanitaire européenne, et enfin vice-président de l’American Public Health Association en 1932. À l’été 1925, on lui doit d’avoir remporté un combat épique contre le maire sortant de Montréal, Médéric Martin, par l’obtention du Règlement 891 concernant la pasteurisation obligatoire du lait dans la ville auquel la mairie populiste de l’époque était opposée. En 1934, l’Université McGill de Montréal lui décerne le titre de docteur en droit honoris causa.