Le CHU Sainte-Justine et le Centre de réadaptation Marie-Enfant souhaitent reconnaitre l’engagement exceptionnel de pionnières et de pionniers qui ont marqué l’histoire de l’institution. De nombreuses personnes ont ainsi été identifiées par leur travail et leurs réalisations exceptionnelles. La rédaction de ces biographies est signée par le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre et romancier passionné par l’histoire de l’institution, et basée sur ces différentes sources et collaborations.
Thaïs Lacoste-Frémont (1886-1963) est au nombre des cofondatrices du premier jour de l’Hôpital Sainte-Justine. Sœur de Justine Lacoste-Beaubien, onzième des 13 enfants de la famille, elle a l’étoffe d’une militante et fait sa marque dans les domaines journalistique et politique. Elle participe dès le départ, et étroitement, à l’édification de la grande œuvre de l’institution. En mai 1926, elle fonde l’Association des femmes conservatrices de Québec. En 1932, elle se rend à Genève, en Suisse, à titre de déléguée du Canada à une conférence de la Société des Nations. Dans les années qui suivent, elle s’implique dans de nombreuses associations vouées au développement social telles que le Cercle des femmes canadiennes, la Ligue catholique féminine et le Canadian Welfare Council. Elle signe également plusieurs articles dans le journal La Patrie et Le Journal de Québec. Douée pour les relations publiques, porte-parole féministe de son temps, elle n’hésite pas à traiter publiquement de sujets chauds comme la protection de l’enfance, le sort des travailleuses, l’égalité des droits hommes-femmes ainsi que la cause de l’Hôpital Sainte-Justine, qu’elle continue longtemps d’accompagner en épaulant sa grande sœur. Dans le premier rapport annuel de l’établissement, rédigé au sortir de la signature de la Corporation Sainte-Justine en 1908, Thaïs Lacoste-Frémont écrit : « Nous sortîmes victorieuses d’une petite lutte engagée entre nous, les femmes, qui voulions la plus grande liberté pour travailler le plus efficacement possible à notre chère œuvre, et messieurs les hommes qui, jaloux de leurs droits, ne voulaient pas, sans se faire prier un peu, les partager avec nous… serait-ce même pour la charité. » Un édifice sur la rue Cook, à Québec, porte le nom de Thaïs Lacoste-Frémont.
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© Crédit photo: CHU Sainte-Justine