Parler du don d'organes, c'est comprendre, démystifier. Derrière chaque geste de générosité, il y a une histoire humaine marquée par la perte... et l'espoir. Mieux comprendre le cheminement des familles et des équipes de soins c'est reconnaître l'importance de l'accompagnement.
« Je suis toujours stupéfaite de voir que des familles qui vivent un moment aussi difficile puissent penser à aider leur prochain », confie Myriam Larivière, travailleuse sociale aux soins intensifs depuis 15 ans. Pour certains parents, ce geste devient d’ailleurs une façon de donner un sens à ce qui n’en a pas.
« Plusieurs parents expriment que le don d’organes est une façon de donner du sens au décès de leur enfant, qu’ils sont apaisés de savoir que le décès de leur enfant a permis d’en sauver d’autres et de sentir que cette décision a permis à d’autre familles d’être épargnées de l’épreuve de perdre un enfant, ajoute-t-elle. Depuis plusieurs années, je constate que lorsqu’un patient est dans un état critique, plusieurs familles initient la discussion du don d’organes, ne serait-ce que pour en connaitre davantage sur le sujet. »
La travailleuse sociale devient une sorte de repère.
« Mon mandat est d’offrir aux familles un espace neutre où elles peuvent exprimer ce qu'elles vivent », explique-t-elle. Elle s'efforce de créer un climat où chacune et chacun peut nommer son chagrin, autant les parents, que les frères et sœurs ou la famille élargie. Présente lors des échanges entre les familles et les équipes médicales, elle agit aussi comme un pont : elle répond aux question, reformule certaines informations et transmet aux équipes les souhaits et les besoins des familles.
Depuis plusieurs années, elle s’implique aussi au sein du Comité de dons d'organes du CHU Sainte-Justine, où elle collabore avec une équipe multidisciplinaire et les professionnels de Transplant Québec pour améliorer les pratiques et mieux soutenir les familles.
Le quotidien de Myriam est fait d'émotions fortes. « Les familles vivent un choc immense. Au-delà de la tristesse, il y a souvent beaucoup de peur, notamment face à l’avenir », témoigne-t-elle. Aussi, il ne s’agit pas de guider ou de convaincre, mais d’être là, simplement, avec empathie et douceur.
À travers chaque étape, l’écoute et la présence restent au cœur de son intervention. Son soutien rappelle que dans l’épreuve, il reste possible de poser des gestes empreints d’humanité.