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lundi 25 novembre 2013

Les BPC nuisent toujours à la santé

La substance chimique, interdite aux États-Unis il y a trente ans, est associée à des pertes cognitives chez les personnes âgées

Montréal, le 25 novembre 2013 – Maryse Bouchard, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse au CHU Sainte-Justine, a découvert un lien entre une teneur élevée en BPC dans le sang et la baisse des fonctions cognitives chez les Américains âgés, et ce, même si les BPC sont interdits aux États-Unis depuis 1979. Une corrélation significative a été établie entre la teneur en BPC et les capacités cognitives dans un groupe de personnes de 70 à 84 ans; une corrélation semblable mais de moindre ampleur a également été observée chez les 60 à 69 ans. L’analyse a également révélé des différences entre les hommes et les femmes. Une plus grande perte cognitive en fonction de l’exposition a été observée chez les femmes du groupe le plus âgé. « La plupart des études se sont intéressées aux effets des BPC sur le développement des enfants. Nos recherches démontrent que cette toxine peut affecter une personne durant toute sa vie », explique Mme Bouchard.

Les BPC ne sont plus utilisés ni produits depuis près de 40 ans, mais on détecte encore ces substances hautement persistantes dans le sang de la plupart des gens, en particulier les personnes âgées. L’étude de Maryse Bouchard, menée sur un groupe de 708 Américains, comportait deux volets. Dans un premier temps, on a mesuré la concentration de toxines dans un échantillon de sang des participants. Ensuite, on a demandé aux participants d’effectuer une épreuve évaluant la mémoire et la motricité, dans le but de mesurer leur performance cognitive. Les teneurs en BPC mesurées dans le sang des participants étaient représentatives de celles que l’on retrouve en général dans la population aux États-Unis. « Il est possible que les personnes âgées soient plus vulnérables en raison des effets cumulatifs de l’exposition sur toute la durée de la vie, d’une vulnérabilité accrue en raison d’un état sous-jacent, comme des troubles vasculaires, ou d’une réserve cognitive réduite, précise Mme Bouchard. Nos résultats suggèrent que les BPC, même à des concentrations que l’on considère en général comme inoffensives, peuvent contribuer aux vieillissementcognitif. »

À l’heure actuelle, les méthodes d’élimination des BPC vont du processus de remédiation efficace au déversement délibéré. Les BPC s’accumulent dans les tissus adipeux des animaux terrestres et aquatiques, et leur concentration augmente par bioamplification à mesure qu’on s’élève dans la chaîne alimentaire. Par conséquent, les BPC sont aujourd’hui omniprésents dans les tissus des populations humaines, en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Cette étude souligne à quel point il est essentiel d’améliorer le traitement actuel des BPC et de considérer ceux-ci comme un danger pour la santé.

Remarques

L’étude « Polychlorinated Biphenyl Exposures and Cognition in Older U.S. Adults » a été publiée le 25 novembre 2013 dans Environmental Health Perspectives, le journal du National Institute of Environmental Health Sciences. Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds de recherche du Québec – Santé.

Autre source / renseignements

Personne-ressource auprès des médias
William Raillant-Clark
Attaché de presse à l’international
Université de Montréal
Tél. : 514-343-7593 
w.raillant-clark@umontreal.ca
@uMontreal_News

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Mise à jour le 9 septembre 2014
Créée le 23 mai 2014
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