CHU Sainte-Justine
vendredi 24 avril 2020

Garde Émilia Fiorito ou l’excellence en soins infirmiers

Laisser sa trace dans les esprits et dans la profession

Par Florence Meney


Elle est partie il y a maintenant un mois, à 83 ans, pendant que la COVID-19 monopolisait nos esprits. Émilia Fiorito, ancienne infirmière et coordonnatrice en soins infirmiers du CHU Sainte-Justine, était quelqu’un qui a compté pour notre institution, mais aussi quelqu’un avec qui il fallait absolument compter.

Diplômée à la fin des années 50, elle a connu l’ancien hôpital de la rue Saint-Denis, avant le déménagement de 1957, mais a principalement travaillé dans les nouveaux locaux.

L'inauguration du nouvel hôpital situé sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine a lieu le 9 novembre 1957. Le cardinal Léger bénit alors chacune des salles de l'hôpital, qui compte plus de 800 lits.

Saviez-vous que?

Même si l’hôpital Sainte-Justine n’était pas à son premier déménagement en 1957, celui de 1957 sera le plus important.

Fondé en 1907, l’hôpital s’installe en 1908 à l’angle des rues De Lorimier et Rachel. Alors qu’il obtient en 1914 son premier contrat d’affiliation à l’Université Laval de Montréal, l’hôpital déménage rue Saint-Denis en 1919.

Entre 1922 et 1927, grâce à la construction d’une nouvelle aile, le nombre de lits passe de 150 à 300. (source : Archives de Radio-Canada)

Tous s’entendront pour dire que le départ d’Émilia Fiorito survient au terme d’une vie fructueuse, productive et bien remplie. Pour la petite histoire, Émilia Fiorito n’aimait pas se faire appeler par son prénom, comme nous l’ont confié quelques-unes de ses anciennes collègues et complices.

Pour tout le monde, cette infirmière et chef d’équipe de tête qui œuvra longtemps en nos murs était et demeurera à jamais Garde Fiorito, une appellation dont la consonance sévère ne couvre qu’un pan de la personnalité certes rigoureuse mais aussi généreuse de cette femme d’exception.

J’ai souvenir de garde Fiorito qui s’occupait des étudiantes, une femme dévouée et rigoureuse, je lui imagine une vie très bien remplie, qu’elle repose en paix.

Garde Fiorito aura laissé sa marque dans les esprits et les cœurs. Francine Bruneau, qui l’a côtoyée au CHU Sainte-Justine, évoque une femme au professionnalisme sans faille. C’est elle qui gérait les soirs, tout l’hôpital tombait ainsi sous sa responsabilité, de 15h30 à 23h30. Et c’est avec le naturel de la grande expertise qu’elle réglait les problèmes, que ce soit le flux de personnel, les déplacements entre les unités etc.

Francine Bruneau raconte qu’un directeur lui avait confié : « Lorsque c’est Émilia qui est là, je ne suis pas inquiet ».

Elle n’hésitait pas à dire les choses en face, toujours dans le meilleur intérêt des patients dont elle avait la charge avec ses équipes. Y compris quand il s’agissait de renvoyer un médecin qu’elle ne jugeait pas assez en forme pour intervenir auprès d’un malade : « Allez-vous reposer et revenez plus tard ».

Dans le contexte complexe d’un hôpital tel que le nôtre, le leadership peut-être un peu autoritaire mais diablement efficace de Garde Fiorito se révélait inestimable, et tout le monde avait confiance en elle, en sa dextérité et son sens de l’organisation.

Elle connaissait nos forces afin de nous placer dans le département où nous apportions le maximum à nos petits malades.

Elle était respectée par les employés, elle a été très importante pour moi dans la suite de ma vie professionnelle.

Le respect que Garde Fiorito imposait à son entourage était quasi légendaire. Et son fort caractère aussi. Une anecdote assez croustillante veut qu’un Directeur des soins infirmiers avait le projet d’effectuer l’évaluation de Garde Fiorito. Apprenant la chose, l’intéressée est entrée dans une colère noire : « Ce ne sera pas quelqu’un qui n’est pas infirmier qui va m’évaluer! », rugissait-elle.

« Quand c’était non, c’était non », confirme Francine Bruneau.

Mais tous s’entendaient pour dire qu’ils auraient placé leur vie entre les mains expertes de Garde Fiorito les yeux fermés.

Une vraie professionnelle qui a marqué notre histoire, une femme vraie, aussi.

Merci à Francine Bruneau, Francyne Dumais, Thérèse Lessard.

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Mise à jour le 24 avril 2020
Créée le 24 avril 2020
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