Entrevues flash!

Les co-chefs du Pôle d'excellence répondent à nos questions

Décrivez de manière vulgarisée la nature de vos travaux de recherche actuels :

SJ : Mes travaux de recherche portent sur les troubles neuropsychiatriques d’origine génétique. Je veux comprendre comment les mutations génétiques conduisent aux symptômes neuropsychiatriques et au handicap chez le patient, comme l’autisme ou le syndrome de l’X fragile.

GDC : Je m’intéresse particulièrement aux rôles et aux effets des circuits neuronaux sur la matière grise. Les neurones GABAergiques, un sous-ensemble de cellules cérébrales, contrôlent fortement les fonctions des circuits cérébraux. De nombreux troubles neurologiques, y compris l'épilepsie et l'autisme, seraient liés en partie à un défaut dans le développement des neurones GABAergiques, comme un problème de connexion et communication avec d'autres neurones, via des locus spécialisés appelés synapses.

LC : Je m’intéresse à l’impact de l’épilepsie sur le neurodéveloppement. En d’autres mots : Comment l'épilepsie endommage-t-elle le cerveau et comment pouvons-nous prévenir les dommages? Dans mon laboratoire, on tente de développer de nouveaux traitements pour contrôler ces crises ainsi que les dommages cérébraux qu'elles induisent pour ainsi mieux comprendre la pathophysiologie de ce processus si complexe.

Quel est votre rêve le plus fou en lien avec vos recherches?

GDC : Le cerveau de l’enfant est très plastique. Cette caractéristique lui permet d’acquérir plus rapidement et plus efficacement de nouvelles connaissances qu’un adulte. Mon rêve est de comprendre comment les circuits GABAergiques régulent la plasticité développementale, car en comprenant mieux le processus, nous pourrions développer de nouveaux outils favorisant en toute sécurité la plasticité cérébrale chez l'adulte. Ou encore, coupler la réadaptation cognitive à des traitements pharmacologiques qui facilitent la plasticité cérébrale afin de corriger la connectivité et la fonction du réseau neuronal et améliorer les déficits cognitifs.

LC : J’aimerais découvrir un médicament neuroprotecteur efficace contre l’épilepsie.

Où voyez-vous votre champ d’expertise dans 10 ans?

GDC : Nous expérimentons actuellement des avancées technologiques extrêmement rapides, propulsées par la bio-ingénierie (ou l'ingénierie biochimique) et le développement de la microscopie. Ces outils nous permettent de cibler, de manipuler génétiquement et de contrôler l'activité de certains neurones et circuits neuronaux dans le cerveau. Dans 10 ans, je crois que notre compréhension de l'identité cellulaire, des programmes génétiques spécifiques à la cellule et de la fonction spécifique du circuit neural augmentera de façon spectaculaire. Ces nouvelles connaissances nous aideront à révéler et, espérons-le, cibler les changements spécifiques qui se produisent dans un cerveau en développement, dans des conditions pathologiques.

LC : Nous travaillons sur deux projets émergents des dérivés du cannabis et un nouveau modèle pour comprendre le rôle de l'inflammation dans l'épilepsie post-traumatique.

Pourquoi au CHU Sainte-Justine excelle-t-on dans ce pôle?

SJ : Au CHU Sainte-Justine, médecins et chercheurs collaborent étroitement afin d’apporter différents points de vue qui contribuent à améliorer notre compréhension du développement du cerveau dans des conditions normales et pathologiques. Par exemple, l'analyse génétique d'enfants avec déficience intellectuelle et/ou autisme peut nous conduire à considérer des mécanismes moléculaires auparavant inattendus dans le développement du cerveau. Vice-versa, une fois qu'une mutation génétique est identifiée, on cherche à comprendre comment elle conduit à des problèmes cognitifs.

Légende

Lionel Carmant (LC) est neurologue, chercheur, professeur titulaire au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, directeur médical du Centre intégré du réseau en neurodéveloppement de l'enfant (CIRENE).

Graziella Di Cristo (GDC) est chercheure et chef de l’axe recherche Cerveau et développement de l’enfant, professeure agrégée au Département de neurosciences de l’Université de Montréal. Elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement des circuits neuronaux.

Sébastien Jacquemont (SJ) est médecin généticien, chercheur, professeur agrégé au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, directeur scientifique de CARTaGENE. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique des troubles neurodéveloppementaux et de la Chaire Jeanne-et-Jean-Louis-Levesque en génétique des maladies du cerveau.

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Mise à jour le 14 juin 2018
Créée le 19 avril 2018
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