CHU Sainte-Justine
lundi 24 avril 2017

Diète cétogène : guérir le cerveau par l’alimentation

Par Stéphanie Benoit, nutritionniste spécialisée en neurologie, et Pierre Guimond, technopédagogue, Direction de l’enseignement

L’épilepsie est une maladie qui souvent est bien contrôlée par la médication. Cependant, chez environ 25 % de la population épileptique pédiatrique, l’essai de différents anticonvulsivants ne permet pas l’atteinte d’un bon contrôle ou amène des effets secondaires trop sévères.

On parle alors d’épilepsie réfractaire. Dans cette situation, il y existe une autre option thérapeutique possible : la diète cétogène. Oui, guérir une maladie du cerveau en modifiant l’alimentation.

C’est à la clinique de diète cétogène du Centre Intégré du Réseau en Neurodéveloppement de l’Enfant (CIRENE) que ces patients réfractaires au traitement traditionnel sont suivis par le neurologue et la nutritionniste conjointement. La clinique existe depuis une quinzaine d’années et a suivi jusqu’à maintenant plus de 150 patients de 2 mois à 21 ans.

Qu’est-ce que la diète cétogène ?

Le régime cétogène peut se résumer en une alimentation extrêmement riche en lipides et limitée en protéines et en glucides. En effet, dans cette diète 90 % de l’apport énergétique provient des gras. Avec cette quasi-absence de sucre à métaboliser, le corps n’a d’autres choix que d’utiliser les lipides comme principale source d’énergie.

Il se met alors à produire des « cétones », des composés organiques qui agissent sur le système neurologique comme un anticonvulsivant. Autrement dit, c’est comme si l’organisme produisait lui-même le « médicament » qui empêche les convulsions. Afin de maximiser la production de corps cétoniques, toutes les sources de glucides doivent être limitées, incluant celles pouvant provenir des médicaments.

En d’autres mots, aucun sirop, aucun comprimé croquable ni aucun soluté dextrosé ne peuvent être administrés à ces patients.

En quoi consiste un repas cétogène ?

Un repas de ce type accueille les noix, les huiles, les produits de la noix de coco, la crème et  l’avocat et laisse peu de place aux sources de protéines.

Les légumes et les fruits sont aussi presque complètement exclus de cette diète à cause de leur apport riche en glucides. Les produits céréaliers sont totalement à proscrire pour cette même raison : les pâtes, le pain, le riz, les gâteaux, etc.

Il est cependant possible de cuisiner des versions cétogènes de ces aliments. Avec un peu de créativité, il est tout à fait possible de servir des repas appétissants et bons.

Est-ce que ça fonctionne ?

Chez le premier tiers des patients, la diète n’a pas d’effet bénéfique. Chez le deuxième tiers, on améliore le contrôle des crises d’environ 50 % en réduisant autant leur fréquence que leur intensité.

Chez le troisième tiers, il y a souvent arrêt complet des convulsions. Les études démontrent aussi que la diète peut avoir des effets bénéfiques au plan cognitif entre autre en améliorant l’état d’éveil, la concentration et la compréhension.

Vous ne devez pas improvisez une diète cétogène seul à la maison ! Elle doit être supervisée par une équipe médicale incluant la nutritionniste, qui établit un plan nutritionnel strict.

Par la suite, d’importants suivis de routine et des ajustements sont à prévoir. Suivre la diète cétogène ne signifie pas ne manger que du gras. Il s’agit d’un calcul complexe et d’une gestion tout aussi complexe des nutriments, de la tolérance et des effets secondaires de ce traitement.

Pour en savoir plus

Visitez le site Web à l'adresse chusj.org/dietecetogene.

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Mise à jour le 9 novembre 2017
Créée le 24 avril 2017
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