La suce et le biberon

De nombreux parents se questionnent sur l’introduction du biberon ou de la suce pendant l’allaitement. Est-ce compatible ? À quel moment les introduire ? Y a-t-il des risques pour la mise au sein ou la production de lait ?

Chaque famille est unique, et certaines situations ou préférences peuvent amener à intégrer ces outils dans le quotidien avec bébé.

Est-ce que l’introduction de la suce ou du biberon peut nuire à l’allaitement ?

Il est possible d’utiliser la suce ou le biberon tout en poursuivant l’allaitement. Toutefois, pour éviter de nuire à la production de lait ou à la mise au sein et bien combler les besoins nutritionnels de bébé, il est important de respecter certaines précautions et de bien choisir le moment de leur introduction.

Pourquoi il faut faire attention à l’introduction de la suce ?

Dans les premiers jours de vie, il peut être difficile de reconnaître les signaux de faim d’un bébé. Durant cette période, votre bébé peut demander à téter fréquemment et en petites quantités. 

Si une suce est offerte pour apaiser bébé au mauvais moment, elle peut :

  • Retarder ou remplacer une mise au sein nécessaire pour alimenter bébé,
  • Nuire à la prise de poids du bébé,
  • Réduire la stimulation des seins, ce qui peut diminuer la production de lait,
  • Augmenter le risque de déshydratation,
  • Contribuer à un taux de sucre trop bas dans le sang (hypoglycémie).

Quel est le rôle de la suce pour les bébés ?

La suce est l’un des outils pour apaiser et réconforter bébé. Elle peut répondre à son besoin de succion non nutritive, lorsqu’il ne cherche pas à se nourrir.

⚠️ Chez les bébés prématurés ou malades qui ne peuvent pas téter au sein à la demande, la suce peut faire partie des soins essentiels qui permet de :

  • Soulager la douleur ;
  • Favoriser le confort ;
  • Pratiquer la succion en vue de l’alimentation par la bouche, au sein ou au biberon.

Quand peut-on introduire la suce sans nuire à l’allaitement ?

Il est généralement recommandé d’attendre que l’allaitement soit bien établi, soit vers 4 à 6 semaines après la naissance. À ce moment, votre production de lait est plus stable, la routine d’allaitement bien établie et vous commencez à bien reconnaître les signaux de faim de votre bébé.

Comment utiliser la suce de façon sécuritaire en allaitant ?
  • Utiliser la suce avec modération : elle ne doit pas remplacer les mises au sein ;
  • Limiter son usage pour apaiser bébé après qu’il a bien tété et semble rassasié ;
  • Si bébé devient frustré au sein ou refuse de téter, réduisez ou suspendez l’usage de la suce temporairement ;
  • Certains bébés ont du mal à alterner entre le sein et la suce. Si vous remarquez des signes de confusion ou de refus du sein, évitez la suce pendant un moment, le temps que l’allaitement se stabilise.

 💡 Il existe plusieurs autres méthodes de retour au calme en dehors de la suce :

Si vous désirez minimiser les impacts sur l’allaitement maternel, voici quelques éléments à considérer avant d’introduire la suce : 

  1. Contact peau à peau
    Le peau-à-peau aide à calmer le bébé en régulant sa température, sa respiration et son rythme cardiaque. Chez la maman, il stimule la production d’ocytocine, une hormone qui favorise le bien-être et le lien affectif.
  2. Portage
    Utiliser une écharpe ou un porte-bébé permet de garder le bébé près du corps tout en ayant les mains libres. Le bercement naturel de vos mouvements est très apaisant pour votre bébé.
  3. Bercement et mouvements doux
    Bercer doucement dans les bras, dans une chaise berçante ou en marchant peut calmer un bébé agité. Certains bébés aiment aussi les balancements légers dans une poussette ou une petite chaise pour bébé ou le mouvement “d’ascenseur” de haut en bas.
  4. Succion non nutritive au sein
    La succion est un réflexe apaisant. Une succion non nutritive (le fait de téter au sein sans boire) peut aider à calmer un bébé.
  5. Bain tiède
    Un bain tiède peut détendre un bébé, surtout s’il est donné dans un environnement calme, avec une lumière tamisée.
  6. Bruitage blanc ou sons apaisants
    Des sons constants comme un ventilateur, un bruit blanc ou des berceuses douces peuvent rappeler les sons entendus dans l’utérus et aider à calmer. À utiliser sur de courtes périodes, pour apaiser bébé.
    Vous vous demandez comment utiliser les bruitages blancs ?
    👉  Naître et grandir
  7. Massage pour bébé
    Un massage doux avec de l’huile adaptée non parfumée peut détendre les muscles et favoriser le sommeil. Il est aussi excellent pour renforcer le lien parent enfant.
  8. Emmaillotage
    L’emmaillotage consiste à envelopper doucement un bébé dans une couverture légère pour lui offrir une sensation de sécurité, un peu comme dans le ventre de sa maman. Cela peut aider certains bébés à se calmer, à dormir plus paisiblement et à éviter les sursauts involontaires qui les réveillent, tout en leur procurant un sentiment de sécurité. Il doit être fait correctement pour éviter tout risque et respecter les principes de sommeil sécuritaire.
  9. Réduction des stimulations
    Un environnement trop lumineux ou bruyant peut surstimuler un bébé. Réduire les stimulations visuelles et sonores peut l’aider à se recentrer.
  10. Présence rassurante
    Parfois, la simple présence d’un parent, d’une voix douce ou d’un regard bienveillant suffit à apaiser un bébé.

Est-ce que c’est possible d’introduire le biberon durant l’allaitement ?

Oui, dans certaines circonstances, l’introduction du biberon peut s’avérer utile, voire incontournable. Pour certaines familles, offrir un biberon pendant l’allaitement est un choix réfléchi, souvent motivé par le besoin de partager les responsabilités alimentaires, de faciliter la reprise du travail ou de permettre au bébé de recevoir du lait maternel autrement qu’au sein.

Quand est-ce qu’il est possible d’introduire le biberon ?

Dans certaines situations, l’allaitement direct au sein peut être difficile, voire temporairement impossible. Le biberon devient alors indispensable pour assurer que le bébé reçoive une alimentation adéquate. Par exemple :

Chez la maman :

  • Hospitalisation
  • Prise de médicaments incompatibles avec l’allaitement
  • Douleurs sévères ou engorgement important
  • Chirurgie post-partum

Chez le bébé :

  • Prématurité
  • Difficultés de succion
  • Anomalies buccales (ex. : fissure palatine)
  • Besoin de supplémentation pour raisons médicales, tel qu’un gain de poids insuffisant, de l’hypoglycémie (taux de sucre trop bas dans le sang)

Dans ces cas, le biberon peut devenir un outil précieux pour s’assurer que bébé reçoive une alimentation adéquate, tout en permettant à la maman de maintenir sa production de lait par l’expression régulière au moyen du tire-lait.

Si vous désirez minimiser les impacts sur l’allaitement maternel, voici quelques éléments à considérer :

  • Attendre que l’allaitement soit bien établi autour de 4 à 6 semaines.
  • S’assurer que la production de lait est stable.
  • S’assurer que le bébé tète efficacement au sein : bouche grande ouverte, succion rythmée, déglutition audible, et prise de poids adéquate.
  • Être à l’aise pour reconnaitre les signaux de faim de bébé.

Comment choisir le biberon ?

Le plus important est de choisir une tétine avec un débit (vitesse d’écoulement du lait) adapté à l’âge de votre bébé et ses capacités.

  • Si le débit est trop lent, bébé pourrait se frustrer en tétant.
  • Si le débit est trop rapide, le lait peut couler trop vite, ce qui peut entrainer une perte de lait, une difficulté à gérer le débit et faire tousser bébé, voire s’étouffer.

Pour débuter, offrez un petit volume de lait afin de vérifier que le débit de la tétine convient à votre bébé.

Observez sa réaction :

  • Boit-il calmement et sans effort ?
  • Semble-t-il frustré ?
  • Recrache-t-il du lait ou a-t-il du mal à suivre le rythme ?

Selon ce que vous observez, vous pourrez ajuster le type de tétine (plus lente ou plus rapide).

Une fois que tout semble bien aller, vous pourrez graduellement augmenter la quantité de lait offerte, en suivant les besoins de votre bébé.

💡 Certains bébés ont plus de difficulté à alterner entre le sein et le biberon. Si vous remarquez qu’il devient frustré ou qu’il refuse le sein, diminuez temporairement l’utilisation du biberon pour soutenir l’allaitement et éviter que cela n’affecte sa croissance.

Vous vous demandez comment conserver votre lait exprimé ?

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Mise à jour le 2 octobre 2025
Créée le 10 septembre 2025
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