Déficience intellectuelle

Définition 

Les dimensions de l’intelligence 

L’intelligence correspond à la capacité d’acquérir, de comprendre et d’utiliser l’information afin de s’adapter à son environnement et de résoudre des problèmes. Elle permet notamment d’apprendre, de raisonner, de communiquer et de faire face à de nouvelles situations.

Le psychologue américain Howard Gardner a proposé la théorie des intelligences multiples, selon laquelle l’intelligence ne se résume pas à une seule aptitude générale. Cette approche suggère plutôt que plusieurs formes d’intelligence contribuent à la façon dont une personne comprend le monde, apprend et interagit avec son environnement.

Bien que cette théorie continue de faire l’objet de discussions dans la communauté scientifique et que ces formes d’intelligence ne constituent pas des catégories fixes ou immuables, elle met en lumière l’idée que les capacités humaines peuvent s’exprimer de différentes façons. Chaque personne présente ainsi un profil unique, composé de forces, d’habiletés et d’intérêts qui lui sont propres.
Le schéma suivant illustre les principales dimensions de l’intelligence décrites dans cette approche. 

Les dimensions de l'intelligence

  • Intelligence intrapersonnelle permet, via l'introspection, de se comprendre et de prendre conscience de ses propres émotions, forces et faiblesses.   
  • L’intelligence linguistique permet d’utiliser le langage oral et écrit pour comprendre les autres et pour exprimer ce que l’on pense.  
  • L’intelligence kinesthésique permet l’exécution de mouvements corporels complexes. 
  • L’intelligence musicale permet de percevoir et créer des rythmes et des mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les mémoriser, de les interpréter et d’en créer. 
  • L’intelligence existentielle, ou intelligence spirituelle, désigne l’aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses. 
  • L’intelligence logico-mathématique permet de calculer, mesurer, faire preuve de logique et résoudre des problèmes mathématiques et scientifiques, d’analyser les causes et les conséquences d’un phénomène ou d’une action, et de catégoriser et ordonner les objets.  
  • L’intelligence naturaliste permet de classer les objets et de les catégoriser. 
  • L’intelligence visuo-spatiale permet de s’orienter dans l’environnement, de visualiser et concevoir des objets en rotation dans l’espace et de créer une carte mentale.  
  • L’intelligence interpersonnelle permet de comprendre les autres, de communiquer avec eux et de se représenter quelque chose mentalement. 

La déficience intellectuelle (DI) 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la déficience intellectuelle (DI) comme la capacité sensiblement réduite de comprendre une information nouvelle ou complexe, d’apprendre et d’appliquer de nouvelles compétences (trouble de l’intelligence). Il s’ensuit une aptitude diminuée à faire face à toute situation de manière indépendante (trouble du fonctionnement social), un phénomène qui commence avant l’âge adulte et exerce un effet durable sur le développement de la personne. La limitation significative du fonctionnement adaptatif est visible dans divers secteurs d’aptitudes tels que la communication, les apprentissages scolaires, l’autonomie, la responsabilité individuelle, la vie sociale, le travail, les loisirs, la santé, ou encore la sécurité.  

La DI est catégorisée selon sa sévérité. Il existe donc des déficiences intellectuelles légères, moyennes, sévères (graves) et profondes. La gravité des DI est déterminée en évaluant les besoins de soutien de la personne, dans tous les aspects de sa vie quotidienne. 

Prévalence  

Le nombre de personnes vivant avec une DI varie entre 1 % à 3 % selon le pays. Il y a 2 fois plus d’hommes que de femmes qui vivent avec une DI dans le monde.  

La déficience intellectuelle légère représente 75 à 85 % des cas de DI. La déficience intellectuelle modérée représente 10 % des cas, la déficience sévère (grave) 4 % et la déficience profonde 1 %. 

Causes 

Dans la majorité des cas, la DI est causée par des facteurs génétiques. 

Il existe également plusieurs facteurs de risques comme : 

  • Les antécédents familiaux : DI, troubles neurologiques, psychiatriques ou génétiques, consanguinité, etc. 
  • Le déroulement de la grossesse : âge maternel avancé, malnutrition maternelle, diabète, prééclampsie, violence, etc.  
  • La période néonatale : prématurité, réanimation, manque d’oxygène (anoxie), infections, convulsions. 
  • L’évolution depuis la naissance : stimulation quantitative et qualitative du développement, niveau socio-économique, dynamique familiale, présence d’une maladie chronique, croissance, traumatisme, infection du système nerveux central (cerveau et moelle épinière), etc.  

Manifestations et diagnostic 

Avant 5 ans, un diagnostic de déficience intellectuelle ne peut pas être posé, notamment en raison des limites liées au langage. Si, avant cet âge, un enfant n’est pas capable d’accomplir certaines tâches, n’adopte pas certains comportements ou n’a pas acquis certaines compétences qu’un nourrisson ou un enfant de son âge devrait être capable d’accomplir, un diagnostic de retard global du développement (RGD) peut être établi. L'enfant devra cependant être réévalué. Cette réévaluation pourrait mener vers un diagnostic de déficience intellectuelle, rester au niveau du retard global de développement ou pointer vers un autre diagnostic.   

Comorbidités 

Plusieurs conditions peuvent accompagner Ia DI dont la paralysie cérébrale, l’épilepsie, les déficits auditif ou visuel, les troubles digestifs, les troubles du sommeil, les perturbations du traitement de l’information sensorielle, le déficit de la communication, les manifestations autistiques, les troubles de comportement, etc. 

La prévalence des problèmes de santé mentale chez les sujets souffrant de DI est trois à quatre fois plus élevée que dans la population générale. 

Impacts  

Déficience intellectuelle légère (DIL)  

La déficience intellectuelle légère (DIL) représente de 75 à 85 % des cas de DI. La déficience peut ne pas être reconnue avant l’âge de 5 à 6 ans. La plupart des personnes ayant une DIL ont un niveau de fonctionnement à l’âge adulte équivalent à celui d’un enfant de 9 à 11 ans. Elles rencontrent des difficultés à acquérir et à comprendre des compétences linguistiques et académiques complexes. Elles peuvent atteindre des compétences académiques équivalentes au niveau de la 4e à la 5e année. Avec un soutien approprié, elles sont capables de développer des compétences de base en lecture, en écriture et en mathématiques. La plupart sont capables d’écrire des lettres simples et de remplir une demande d’emploi. Les adultes atteints d’une DIL présentent des déficits et des limitations dans les fonctions exécutives (mémoire de travail, planification, organisation et priorisation) et dans la pensée abstraite. Ils font preuve d’une capacité limitée à juger ou à comprendre avec précision les normes du discours et des interactions sociales et, souvent, leur comportement dans des situations sociales peut être considéré comme immature ou inapproprié. Ces limites augmentent leur risque d’être manipulés par d’autres personnes. Avec un soutien approprié, les personnes ayant une DIL sont en mesure d’acquérir la plupart des compétences nécessaires à leur autonomie dans l’ensemble des activités de la vie quotidienne incluant la gestion de base de l’argent. Elles peuvent être suffisamment qualifiées à l’âge adulte pour occuper un emploi qui ne nécessite pas l’application de compétences académiques ou conceptuelles. Elles doivent être assistées pour certaines décisions plus complexes (ex. : soins de santé, questions juridiques).  

Déficience intellectuelle modérée (DIM) 

La déficience intellectuelle modérée (DIM) représente environ 10 % des cas de DI. Cette déficience est généralement reconnue avant l’âge de 3 à 5 ans. La plupart des personnes ayant une DIM ont un niveau de fonctionnement à l’âge adulte équivalent à celui d’un enfant de 6 à 8 ans. L’acquisition et le développement du langage ainsi que la capacité d’apprendre et d’acquérir des compétences académiques sont limités chez les personnes ayant une DIM. Elles peuvent acquérir des compétences académiques équivalentes au début de l’école primaire. Les personnes ayant une DIM éprouvent des difficultés dans la communication sociale, les interactions interpersonnelles et la compréhension des normes comportementales attendues en fonction de leur âge et du contexte social. Elles ont besoin d’un soutien continu substantiel à l’âge adulte pour acquérir et conserver les compétences de base nécessaires aux activités quotidiennes ainsi que dans l’exécution de tâches liées au travail.  

Déficience intellectuelle sévère ou grave (DIS) 

La déficience intellectuelle sévère (DIS) représente environ 4 % des cas de DI. Cette déficience est généralement reconnue à l’âge de 3 ans ou avant. La plupart des personnes ayant une DIS ont un niveau de fonctionnement à l’âge adulte équivalent à celui d’un enfant de 3 à 5 ans. En plus d’un déficit sévère du fonctionnement intellectuel, la personne atteinte d’une DIS peut également présenter des déficiences motrices et d’autres conditions associées qui limitent davantage le fonctionnement intellectuel et adaptatif. Elle a des capacités de langage et de communication considérablement limitées. Elle a besoin d’un soutien étendu, régulier, cohérent et à vie dans les activités de la vie quotidienne, incluant l’hygiène personnelle. Les interactions et relations sociales d’une personne ayant une DIS se limitent en grande partie aux membres de la famille immédiate, aux soignantes et aux soignants. Elle est totalement inapte et entièrement dépendante d’autrui pour assurer son bien-être et sa sécurité.   

Déficience intellectuelle profonde (DIP) 

La déficience intellectuelle profonde (DIP) représente environ 1 % des cas de DI. Cette déficience est généralement reconnue dès l’âge de 2 ans. La personne ayant une DIP présente, à l’âge adulte, un niveau de fonctionnement comparable à celui d’un enfant de 2 à 3 ans. Elle a des limitations importantes en matière de soins personnels, de continence, de communication et de mobilité. La DIP est associée à d’autres déficiences telles que des troubles moteurs et sensoriels qui limitent davantage l’acquisition et l’utilisation des compétences motrices, adaptatives ou sociales. La personne avec une DIP peut répondre à des personnes familières ou à des soignantes ou soignants avec des gestes et des signaux émotionnels faciaux. Elle a besoin d’une surveillance constante et dépend totalement de soins dans tous les aspects de la vie quotidienne. Elle est totalement inapte et entièrement dépendante d’autrui pour assurer son bien-être et sa sécurité. 

Traitement et gestion  

Bien qu’il n’y ait pas de remède ou de traitement à la DI, plusieurs choses peuvent être faites pour permettre à la personne qui vit avec une DI d’atteindre son potentiel maximal. L’accès aux services appropriés ainsi que la mise en place de plans d’intervention font partie des actions et mesures qui peuvent aider une personne ayant une DI à être la plus autonome possible. 

Mythes et réalités

Mythe : Les personnes avec une déficience intellectuelle ne peuvent pas apprendre. 
Réalité : Elles peuvent apprendre, mais à leur propre rythme et avec des méthodes adaptées. L’apprentissage est possible tout au long de la vie. 

Mythe : La déficience intellectuelle est une maladie mentale. 
Réalité : Ce n’est pas une maladie mentale. Il s’agit d’une condition neurodéveloppementale qui affecte les capacités cognitives et adaptatives. 

Mythe : Les personnes ayant une déficience intellectuelle ne peuvent pas travailler. 
Réalité : Beaucoup occupent des emplois enrichissants, surtout lorsque l’environnement est inclusif et que des soutiens appropriés sont en place. 

Mythe : Les personnes ayant une déficience intellectuelle sont toutes pareilles. 
Réalité : Chaque personne est unique. La déficience intellectuelle varie en degré et en impact, et les individus ont des personnalités, des talents et des intérêts différents. 

Mythe : Les personnes avec une déficience intellectuelle ne peuvent pas vivre de façon autonome. 
Réalité : Certaines vivent de manière totalement autonome, d’autres avec un soutien partiel. L’autonomie dépend de nombreux facteurs, pas seulement du diagnostic. 

Ressources et outils pertinents  

L’Association québécoise des neuropsychologues a mis en ligne une section Web dans le but de vous éclairer sur la déficience intellectuelle, ses manifestations et ses conséquences neuropsychologiques. Vous y trouverez également des explications sur le rôle des neuropsychologues dans l’évaluation et le diagnostic de ce trouble, ainsi que des ressources utiles. 

Références

À propos de cette page
Mise à jour le 16 juillet 2026
Créée le 3 mars 2026
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