Présentation et conservation
- Seringues orales préparées par la pharmacie 0,2 mg/mL
- Conserver à température ambiante
Indications
Antidiarrhéique/Opioïde synthétique
Traitement symptomatique de la diarrhée chronique réfractaire chez les patients avec stomie intestinale à haut débit et échec d’alimentation entérale; l’utilisation du lopéramide dans cette indication n’a pas fait l’objet d’études en néonatologie ou chez le jeune enfant et s’appuie sur une expérience clinique limitée et des données adultes
Mécanisme d'action
Stimulation directe des récepteurs opiacés mu de la paroi intestinale, et inhibition de la libération d’acétylcholine et de prostaglandines; ralentissement de la motilité intestinale et augmentation du tonus du sphincter anal; prolongation du temps de transit et diminution des pertes liquidiennes de la stomie
Doses
Les doses de lopéramide à utiliser chez les nourrissons sont mal définies; l’immaturité des voies métaboliques d’élimination et des transporteurs constitue un facteur de risque de toxicité chez le jeune enfant; la perturbation du cycle entérohépatique chez les patients avec stomie à haut débit diminue l’exposition au médicament
PO
La solution orale commerciale de lopéramide est hyperosmolaire : pour diminuer l’irritation digestive, le traitement peut être débuté lorsque le patient reçoit au moins la moitié de ses apports liquidiens par voie entérale
- Dose initiale : 0,04 mg/kg/dose TID
- Dose maximale (en cas d’échec après 2 ou 3 jours à la dose initiale) : 0,08 mg/kg/dose TID
Des doses plus élevées sont rapportées en pédiatrie, mais ne sont pas utilisées sur les unités de néonatologie du CHU Sainte-Justine en raison de l’absence de données supportant leur innocuité
Préparation, administration et compatibilités
PO
Donner avec un boire ou un gavage
Si l’enfant n’est pas pleinement alimenté par voie orale, diluer chaque mL dans 5 mL d’eau (vt) et donner avec un boire ou un gavage pour diminuer l’irritation digestive
Effets indésirables
Constipation, douleur abdominale, ballonnement, xérostomie, vomissement, somnolence; irritabilité, rétention urinaire, iléus; en cas de surdose : léthargie, dépression respiratoire, myosis
ANTIDOTE
Les effets du lopéramide peuvent être renversés par la
naloxone
Effets indésirables cardiaques graves rapportés à haute dose ou en cas d’interaction médicamenteuse, principalement chez l’adulte : allongement des intervalles cardiaques QT et QRS, torsades de pointes, tachycardie ventriculaire, arrêt cardiaque
Suivi
Tolérance digestive, débit de la stomie, état d’éveil
Chez les patients présentant des facteurs de risque pour l’allongement du QT, obtenir un bilan électrolytique normal (comprenant le magnésium sérique) avant de débuter le traitement; un ECG de contrôle avant et pendant le traitement pourrait être considéré selon le contexte clinique
Le lopéramide est doté d’une faible absorption et d’un passage limité au système nerveux central; l’action antidiarrhéique débute après 1 à 3 heures et peut durer 40 heures
Pour plus d’information sur le suivi des patients avec stomie intestinale à haut débit, consulter le Guide clinique (lien à venir)
Contre-indications et précautions
Contre-indications
Gastroentérite infectieuse aiguë, méléna
Précautions
Le lopéramide est généralement contre-indiqué chez les enfants de moins de deux ans, en raison d’une vulnérabilité accrue aux effets indésirables au système nerveux central (somnolence, dépression respiratoire) et du potentiel de cardiotoxicité; il existe toutefois un recul clinique favorable avec le lopéramide en pédiatrie au CHU Sainte-Justine pour le traitement de la diarrhée chronique chez les nourrissons : l’utilisation du lopéramide en néonatologie est restreinte aux cas sélectionnés avec un suivi initial en hôpital
ATTENTION
Éviter en cas de facteurs de risque pour l’allongement de l’intervalle cardiaque QT : déséquilibres électrolytiques (notamment hypokaliémie ou hypomagnésémie), allongement congénital ou préexistant de l’intervalle QT, condition cardiaque sous-jacente (bradycardie, arythmie, insuffisance cardiaque), traitement concomitant avec d’autres médicaments reconnus pour allonger l’intervalle QT (p. ex. : sotalol et autres antiarythmiques, azithromycine, etc.). Consulter un pharmacien pour connaître les médicaments reconnus pour allonger l’intervalle QT.
ATTENTION
Plusieurs interactions médicamenteuses potentielles avec les inhibiteurs de la glycoprotéine P ou du CYP3A4 (p. ex. : amiodarone, azithromycine, clarithromycine, fluconazole, etc.) : consulter un pharmacien
Utiliser avec prudence en cas d’insuffisance hépatique (risque accru de toxicité au système nerveux central) ; une diminution de dose pourrait être requise : consulter un pharmacien