La gestion de crises

Autisme au quotidien

Quoi faire lorsque notre enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme est en crise ? Il n’y a pas de solution facile, mais la psychologue Barbara Dufour, l’ergothérapeute Sarah Gauvreau-Jean et la psychoéducatrice Audrey Duquette nous expliquent quoi faire et quoi ne pas faire lorsqu’une crise survient.

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Pourquoi ?

La colère se définit comme un « état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, traduisant un vif mécontentement et accompagné de réactions brutales » (dictionnaire de français Larousse).

Chez l’enfant autiste, de par sa perception différente de son environnement et de l’analyse des situations, le sentiment d’agression, de désagrément et de mécontentement survient plus fréquemment. Notons que la nouveauté, les imprévus, les demandes des adultes sont souvent vécues avec plus d’anxiété que les enfants à développement régulier.

La colère fait partie de l’éventail des émotions exprimées par l’enfant, il a le droit d’exprimer sa frustration. C’est la manifestation de cette colère qui peut être problématique s’il agresse les autres, lui-même ou s’il se désorganise. Ici, nous ne traiterons pas spécifiquement des comportements mais davantage de la compréhension des situations pour intervenir sur les déclencheurs.


Pour comprendre l'apparition des crises de colère

Observer

Observer pour mieux comprendre et demander à l’entourage d’observer avec vous.

Observer le profil de l’enfant
Par exemple :

  • Est-il capable de communiquer, de signifier ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas (ex : « non », « je veux… », « veux pas » ?
  • Tolère-t-il des délais ?
  • Est-il capable de demander de l’aide ?
  • A-t-il des particularités sensorielles (recherche une sensation ou se sent agressé par un stimulus) ?

Observer les antécédents
Le contexte de l’apparition du comportement :

  • Où ?
  • Avec qui ?
  • Quand ?
  • Quelle était la consigne ?
  • A-t-il été prévenu ? Comment ? Y-a-t-il eu un changement ?

Observer le comportement
Comportements de crise de colère :

  • Pleure, crie, se laisse tomber au sol, lance ?
  • Dirigé vers quelqu’un : dirige sa colère vers quelqu’un en particulier? tape, pousse, griffe, tire les cheveux ou l’objet des mains ?
  • Dirigé vers lui-même : se mord, se frappe la tête, se lance au mur, se tire les cheveux?

Observer la conséquence
Ce que l’entourage fait :

  • A de l’attention ?
  • Est ignoré ?
  • Est retiré de l’activité ?
  • Obtient ce qu’il veut (un objet ou une activité) ?
  • Obtient une explication, un modèle de ce qui est attendu ?
  • Obtient de l’aide ?
  • Obtient une stimulation sensorielle souhaitée ?

Comprendre

Je ne me sens pas bien
Il peut avoir mal quelque part ou être agressé par un bruit, une odeur, un goût, un toucher, la proximité des autres, la vue d’un aliment non aimé dans son assiette… Trouver ce qui le dérange.

Je ne comprends pas
L’enfant peut ne pas comprendre une suite d’activités, un délai, la fin d’une activité aimée, les demandes de l’adulte, la situation sociale (ex : un enfant veut jouer avec lui et partager le matériel ou le jeu demandé se réalise chacun son tour) ou les intentions des autres (ex : l’adulte veut l’aider mais il veut faire l’activité seul). La notion du temps est aussi difficile pour eux à comprendre, c’est une notion abstraite.

Je ne peux pas vous communiquer autrement
L’enfant peut faire une crise pour communiquer un désir, un refus, une demande d’aide, un inconfort, un sentiment…

Vous ne me comprenez pas
Certains enfants autistes insistent pour reproduire les mêmes façons de faire dans toutes les situations. Ils peuvent présenter des rituels ou des rigidités et lorsque l’adulte ne tient pas compte, volontairement ou involontairement, de ses besoins de constance, cela peut engendrer de l’anxiété et de fortes réactions négatives.
Exemple 1 : l’enfant aligne ses voitures et soudainement, le parent range les voitures sans aviser l’enfant.
Exemple 2 :  l’enfant joue à un jeu de société et perd.


Planifier

Selon le profil de l’enfant et les observations réalisées (avant, pendant et après la crise), planifier les activités en tenant compte des besoins :

  • sensoriels de l’enfant
  • de compréhension de son environnement
  • de soutien dans sa communication
  • de contrôler son environnement

Intervenir

« L’objectif n’est pas d’éviter le comportement problématique mais de tout mettre en œuvre pour créer un environnement cohérent et significatif pour l’enfant ». (Mineau et al., 2013).

Si l’enfant est inconfortable

  • Lui permettre de se retirer s’il est envahi par la situation
  • Lui donner la stimulation sensorielle pour satisfaire ses besoins et selon les recommandations de l’ergothérapeute (ex : mordre un objet vibrant, lui donner des pressions profondes…)
  • Lorsque l’environnement le permet, laisser l’enfant avoir recours à ses comportements stéréotypés

Si l’enfant n’a pas compris

  • Lui expliquer concrètement avec un support visuel (ex : horaire imagé)
  • Le prévenir en lui montrant ce qui est attendu ou la suite des activités
  • Établir une routine simple et constante (ex/ sortir un jeu, jouer, dire « fini », ranger)
  • Faire une démonstration de ce qui est attendu
  • Fournir des points de repère dans le temps et l’espace et lui indiquer à quel moment et dans quel endroit il peut avoir accès à ses intérêts particuliers (sensoriels, jeux favoris…)
  • Rendre concrète la notion du temps (ex/ le temps d’une chanson, compter, faire un décompte 1,2,3,go, utiliser un sablier ou un horloge visuel de type Time Timer). Pratiquer les délais dans des activités

Si la crise est un moyen de communiquer, l’objectif est de lui donner d’autres moyens

  • Tenter de mettre des mots simples sur ce qu’il veut ou ne veut pas
  • Appuyer les paroles de gestes
  • Offrir un choix en lui proposant deux objets, ou deux gestes (ex : « encore ou fini? »), ou deux images qui représentent des objets ou des activités
  • Aider l’enfant à exprimer adéquatement sa colère (ex : avec le geste de taper son poing dans sa paume de main et dire « fâché »)

Si l’enfant présente des rigidités

  • Prévenir et lui expliquer les irritants en tenant compte de ses habiletés langagières
  • L’exposer graduellement à des situations nouvelles et imprévues
  • Soutenir l’enfant à trouver des solutions pour s’adapter aux irritants

 


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À propos de cette page
Mise à jour le 29 mars 2017
Créée le 16 janvier 2017
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