Hypertrophie des petites lèvres (adolescentes)

Diagnostic en gynécologie


Description

L’adolescence apporte plusieurs changements anatomiques, notamment au niveau de la vulve.  La vulve comprend les grandes lèvres et les petites lèvres qui sont à l’intérieur des grandes.  Le pubis prend de l’expansion ainsi que les grandes lèvres qui, elles, accumulent peu à peu du gras.  Les petites lèvres s’épaicissent.

Les grandes lèvres peuvent couvrir  la vulve, mais ce n’est pas toujours le cas.  Les petites lèvres dépassent souvent des grandes lèvres et peuvent être différentes.  La croissance des petites lèvres ne se fait pas à la même vitesse de chaque côté et ne se fait pas à la même vitesse que le développement des grandes lèvres. Le développement final des grandes lèvres est atteint seulement vers la fin de l’adolescence.

L’adolescence est une période de remise en question
Les jeunes filles ne sont souvent pas certaines que leur anatomie est normale.  Elles peuvent être inquiètes et embarrassées par leur corps, notamment par leurs petites lèvres qui ressortent des grandes lèvres.  Elles peuvent chercher alors sur internet afin de savoir ce qui est « normal ».  Bien sûr, les images véhiculées ne représentent pas toujours la réalité. Il faut comprendre que la vulve idéale n’existe pas.

L’hypertrophie des petites lèvres signifie que les petites lèvres seraient « trop » développées.  Le mot « hypertrophie » est très arbitraire, c’est-à-dire qu’il n’existe aucun point de référence pour déterminer si les petites lèvres sont trop grosses ou non.  De plus, la perception de la taille des petites lèvres peut être modifiée dû au fait que certaines adolescentes se rasent ou s’épilent la région de la vulve.

Évidemment, sans poils, les petites lèvres deviennent beaucoup plus visibles.  La mode du rasage/épilation contribue au fait que les demandes de consultation pour l’évaluation d’une hypertrophie des petites lèvres sont en augmentation depuis plusieurs années..


Causes

La cause du développement variable des petites lèvres n’est pas connue.  La puberté et les hormones sont à l’origine du développement des petites lèvres.  Cependant, il n’y a pas de mesure précise qui définit une longueur anormale des petites lèvres.  Le développement des petites lèvres est unique pour chaque fille.


Symptômes à surveiller

  • Habituellement, l’hypertrophie des petites lèvres ne cause aucun symptôme.
  • Occasionnellement, les jeunes filles consultent parce qu’elles éprouvent un inconfort ou une gêne en lien avec la longueur de leur petites lèvres.
  • D’une part, elles peuvent ressentir de l’irritation, de la douleur et des difficultés avec l’hygiène (surtout pendant les menstruations).  L’inconfort peut parfois  interférer avec les activités sexuelles ou les sports comme le vélo, la course, la natation, l’équitation, lorsque le frottement de la région de la vulve est accentué.
  • D’autre part, l’image de soi parfois négative que les adolescentes ont de leur anatomie peut amener chez elles une détresse émotionnelle et psychologique.

Diagnostic

Tel que mentionné précédemment, il n’y a pas de définition claire de l’hypertrophie des petites lèvres. Lors de la consultation, le gynécologue fera un examen afin de visualiser les petites lèvres.

Ensuite, c’est en discutant de la problématique avec la jeune fille que le médecin orientera son diagnostic et son traitement si nécessaire.  La plupart des jeunes filles vues en clinique ont des petites lèvres que l’on dit « dans les limites de la normale », c’est-à-dire que leur anatomie ne nécessite pas de traitement ou d’intervention chirurgicale.


Traitements et suivis

Lors du rendez-vous, le médecin expliquera le développement normal de la vulve lors de l’adolescence.

Beaucoup de rassurance est faite à ce stade puisque la majorité des jeunes filles auront finalement des petites lèvres normales.

Afin de savoir  « ce qui est normal », l’adolescente peut consulter certains sites web de référence :

 

Ensuite, afin de diminuer les symptômes d’inconfort, des conseils sur l’hygiène vulvaire seront donnés.  Il est important de noter que souvent, les asymétries au niveau des petites lèvres s’améliorent après l’adolescence.

C’est pourquoi, une intervention chirurgicale, si indiquée, sera repoussée le plus possible vers l’âge adulte.  Dans l’éventualité où l’adolescente démontre une détresse émotionnelle et une diminution de l’estime d’elle-même, une référence en psychologie pourra être faite.

Enfin, l’opération qui est faite afin de corriger l’asymétrie ou l’hypertrophie des petites lèvres est la labioplastie.  Cette procédure est très rarement indiquée et pratiquée. La majorité du temps, elle est offerte chez les adolescentes qui ont des symptômes sévères et qui persistent malgré les mesures mentionnées précédemment et quand elles ont terminé leur puberté.

Suite à l’opération, les jeunes filles doivent :

  • Garder la région de la vulve au propre et au sec
  • Porter des vêtements amples
  • Éviter des activités qui peuvent causer un frottement au niveau de la vulve

Un suivi est fait 6 à 8 semaines après l’opération, avec le gynécologue ou le chirurgien.
Les principales complications possibles et immédiates sont :

  • Infection
  • Plaie difficile à cicatriser / Ouverture de la plaie
  • Saignements
  • Hématome
  • Rétention urinaire (difficulté à uriner)

Il existe très peu d’études sur la satisfaction à long terme des patientes ayant subi une labioplastie à l’adolescence. Lors de l’opération, du tissu est enlevé et, donc, plusieurs terminaisons nerveuses peuvent être coupées.

À long terme, les effets indésirables peuvent être :

  • Diminution de la sensibilité au niveau de la vulve
  • Perturbation possible de la libido et de la lubrification
  • Cicatrisation difficile / anormale
  • Douleur aux relations sexuelles
  • Douleur vulvaire chronique
  • Difficulté à atteindre l’orgasme
  • C’est la raison pour laquelle l’opération sera considérée comme la dernière solution. 

Si vous avez des questions ou pour de plus amples informations, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre médecin.


Ressources et liens utiles

  • S. Jeans Emans et coll. (2012) Pediatric & Adolescent Gynecology. 6th edition. p. 195-199.
  • A.C. Mancuso, G.L. Ryan. (2015) « Normal Vulvovaginal Health in Adolescents – Mini Review . » Journal of Pediatric & Adolescent Gynecology 28, p. 132-135.
  • S. Runacres et coll. (2015) « Exposing The Hidden Truth About The Need for Adolescent Labiaplasty. » Poster Abstracts. Journal of Pediatric & Adolescent Gynecology. 28, e41-e78.
  • S.A. Runacres et coll. (2015) « What Is The Measured Basis for labiaplasty? » Poster Abstracts. Journal of Pediatric & Adolescent Gynecology. 28, e41-e78.
  • S.A. Runacres, P.L. Wood. (2016) « Cosmetic Labiaplasty in an Adolescent Population – Mini Review. » Journal of Pediatric & Adolescent Gynecology. 29, p. 218-222.
  • Jhansi Reddy et Marc R. Laufer. (2010) « Hypertrophic Labia Minora – Mini Review. » Journal of Pediatric and Adolescent Gynecology 23, p.3-6.
  • www.greatwallofvagina.co
  • www.kidshealth.org/teen
  • www.youngwomenshealth.org
  • www.labialibrairy.org.au
  • www.101vagina.com

Auteure
Stéphanie Legault, Inf. clinicienne en gynécologie pédiatrique

Collaboratrices
Dre Élise Dubuc, Dre Suzy Gascon, Dre Janie Benoit, Anne-Marie Morand CSI

À propos de cette page
Mise à jour le 9 mai 2018
Créée le 9 mai 2018
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